Éloge de l’élégance

Aujourd’hui, le billet d’Adrestia Legal quitte les sentiers battus des interrogations juridiques pour emprunter un chemin de traverse : l’esthétique. Une petite capsule pour aborder une notion qui se doit d’être chevillée au corps du praticien du droit, et surtout de l’avocat : l’élégance.

Une analyse conceptuelle, aussi succincte soit-elle, commence toujours par la racine du mot, son étymologie. « Elégance », du latin elegans, que le Dictionnaire Gaffiot présente comme suit : « Homme raffiné dans son genre de vie et sa toilette, petit-maître » ; « distingué, de bon goût » ; « châtié, correct, pur ».

Cette recherche de sens se poursuit indéniablement par une définition qui permet à l’auteur et au lecteur de parler la même langue. Ainsi, selon Le Littré, l’élégance se définit comme suit : « Qualité de ce qui est d’élite, de distinction dans la parure, dans les manières, dans la taille, etc. » ; « Distinction dans le langage et le style qui, sans affectation ni recherche, résulte de la justesse et de l’agrément » ; « Les élégances, sortes de phrases ou de tournures toutes faites recommandées pour leur caractère de distinction » ; « Agrément dans les formes » ; « Se dit de calculs ou de constructions qui sont à la fois simples et ingénieuses ».

Deux angles sont envisageables pour embrasser l’élégance.

Le premier, le plus évident, est l’élégance extérieure, en d’autres termes l’esthétique, le beau.

Qui aborde l’élégance sous cette perspective a l’image d’un individu raffiné. Raffiné dans son habillement ; raffiné dans son verbe ; raffiné dans ses manières ; raffiné dans son comportement. Tout dans son attitude, dans sa gestuelle, en d’autres termes dans sa façon d’être en appelle au beau, à la distinction, même à une posture d’élite qui, sans confiner à un élitisme abscons (à dire juste, cette posture est d’une vulgarité aux antipodes de l’élégance), montre une forme exhaussée. En d’autres termes, l’individu élégant n’a pas besoin de clamer haut et fort qu’il l’est ; sa manière d’être parle pour lui et son élégance n’en est que plus puissante.

Le second, plus discret mais tout aussi visible lorsqu’il s’exprime, est l’élégance intérieure, soit la subtilité de l’esprit.

Rappelons ici l’une des définitions de l’élégance : « Distinction dans le langage et le style qui, sans affectation ni recherche, résulte de la justesse et de l’agrément ». Ici se trouve le cœur de l’élégance. L’individu élégant ne vise nullement le beau pour le beau ; son élégance ne se borne pas à être seulement une banale forme, une simple manière d’être, un « sophisme comportemental ». Lorsque l’élégance surgit, elle est plus qu’elle n’apparaît : elle vise une finalité bien précise, celui de l’expression d’un message empreint de justesse, d’harmonie agréable tant dans sa forme que, surtout, dans son fonds. L’individu élégant, loin d’être un technicien, est un créateur qui choisit une solution en fonction de et pour l’élégance du message qu’il porte.

Ce sont ces deux angles que l’avocat doit cultiver : une élégance de forme, une esthétique extérieure ; une élégance de fond, une subtilité d’esprit. C’est ce qu’Adrestia Legal cultive pour ses clients.